Le Respect en 3D

Qu’entend-t-on par respect ? Le mot a beau être connu de tous, ce qu’il implique et signifie est souvent plus obscur. Avant d’étudier le sujet plus en profondeur, la première chose que le mot « respect » m’évoquait était la règle d’or : « Ne faites pas à autrui ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse ». Est-ce cela le respect ? La question du respect se limite-t-elle donc seulement aux rapports entre individus ? Ou bien comprend-t-elle d’autres domaines, d’autres « dimensions » ?

Souvent, la règle d’or est énoncée sous sa forme négative (c’est notamment le cas dans la mythologie hindoue, le Talmud, le zoroastrisme ou encore la religion hindoue[1]). En revanche, dans la Bible, il est écrit : « Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux » (Matthieu 7.12[2]). La différence est fine mais significative : la Bible nous parle de ce que l’on peut faire et non pas de ce que l’on ne devrait pas faire.

Lorsqu’on ouvre une concordance biblique au mot « respect », les versets référenciés parlent bien plus souvent de Dieu que des relations humaines. Ce qui prime, c’est le respect que l’on témoigne à Dieu. Les questions du respect entre les hommes ou du respect de soi viennent ensuite. La Bible révèle que respecter Dieu, c’est l’écouter et suivre ses commandements[3] : « Celui que je regarde avec bonté, c’est […] celui qui écoute ma parole avec grand respect » (Esaïe 66.2). Ce n’est pas tant la manière dont on s’adresse à Dieu qui est importante, mais plutôt la relation que l’on a avec lui qui compte. Le plus important, c’est de conférer à Die le respect qu’on lui doit en l’écoutant, en prêtant attention à ses paroles et en lui accordant la place d’honneur dans sa vie. Qu’on le considère comme son Roi, son Père ou son meilleur ami n’est finalement pas ici déterminant.

La notion de respect est souvent étroitement liée à la question de l’amour. A celui qui « a tant aimé le monde [et] donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jean 3.16), nous devons assurément le respect, mais cela va bien plus loin : c’est de l’amour que nous ressentons pour celui qui est mort pour nous sauver.

Lorsqu’on désobéit à Dieu (ce qui implique de lui manquer de respect), on doit être prêt à en affronter les conséquences. Dans Deutéronome 28.50, on découvre le visage de ceux qui provoqueront le malheur du peuple d’Israël qui s’est montré infidèle et irrespectueux envers son Dieu : « Ce seront des hommes au visage dur, qui n’auront ni respect pour le vieillard, ni pitié pour l’enfant ». Désobéir à Dieu fait beaucoup de mal : ce n’est pas seulement la relation que l’on a avec lui qui en souffre, mais on expose ses proches et soi-même au risque d’être blessé et meurtri. On devient, d’une certaine manière, une malédiction pour soi et pour les autres. A l’inverse, quand on fait preuve de respect envers Dieu, on reçoit sa bénédiction.

A la lecture des dix commandements (Exode 20.3-17), il apparaît que les trois premiers commandements concernent le respect que l’on doit à Dieu. Les deux suivants parlent du respect que l’on doit à soi-même et à sa famille. Enfin, les cinq derniers mettent en évidence l’importance du respect les uns pour les autres. Les dix commandements s’articulent autour de ces trois dimensions (3D) que comprend la notion de respect : le respect envers Dieu, le respect envers soi-même et le respect d’autrui.

Nous avons abordé la question du respect que nous devons à Dieu et allons à présent nous concentrer sur les deux autres dimensions du respect que nous venons de mentionner. Dans son épître aux Romains, Paul rappelle que « les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, [tu ne porteras pas de faux témoignage,] tu ne convoiteras pas, ainsi que tous les autres, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (13.9). Répétons-le pour que ces mots s’ancrent bien en nous : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le verbe aimer se substitue au verbe respecter, ce qui confirme l’étroite corrélation entre ces deux mots que nous avons relevée plus haut. Ce commandement nous dit outre deux choses : 1) on doit s’aimer/se respecter 2) on doit aimer/respecter autrui. L’un ne va pas sans l’autre.

Sachant quel prix Dieu a payé pour que je puisse être sauvée et réconciliée avec lui, comment pourrais-je mépriser cette vie qu’il m’a donnée ? En respectant et en honorant le sacrifice de Jésus-Christ, je peux apprendre à me respecter et à m’aimer. Ne pas le faire reviendrait même à désobéir à Dieu puisque c’est un commandement qu’il donne : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Tâchons à présent de montrer en quoi se respecter permet de respecter autrui. « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5.14), a déclaré Jésus. C’est une vérité biblique, mais il arrive que, pour différentes raisons, l’on étouffe cette lumière. Pourtant, comme Jésus nous le rappelle, « personne n’allume une lampe pour la mettre dans un endroit caché ou sous un seau, mais on la met sur son support, afin que ceux qui entrent voient la lumière » (Luc 11.33). Si cette lumière est cachée, nous-mêmes et tous ceux qui nous entourent se trouvent dans les ténèbres : nous sommes alors aveuglés. En revanche, si nous restons « éclairés » et demeurons conscients de notre valeur en tant qu’enfants de la lumière[4], nous serons capables de mieux voir l’autre et donc de le respecter.

Comme nous avons pu l’observer, lorsqu’on parle de respect de soi et d’autrui, on revient toujours vers Dieu. C. S. Lewis l’explique bien dans Les Fondements du christianisme :

 

J’ai beau répéter « Fais aux autres tout ce que tu aimerais qu’il te soit fait » jusqu’à en être exaspéré, je ne peux incarner cette devise tant que je ne suis pas capable d’aimer mon prochain comme moi-même ; et je ne peux pas apprendre à aimer mon prochain comme moi-même tant que je n’apprends pas à aimer Dieu ; et je ne peux aimer Dieu sans apprendre à lui obéir. Ainsi, […] ce qui était d’abord une question sociale s’avère plutôt une question religieuse.[5]

 

Dans toute relation, la question du respect est importante. Néanmoins, elle est souvent détachée de Dieu. Aujourd’hui, je vous encourage à changer de perspective et à réaliser qu’elle n’a véritablement de sens que si on y répond avec Dieu. Le respect existe en 3D : si nous ne l’envisageons pas en trois dimensions, notre réalité sera comme floue, incomplète et sans reliefs.

Pour terminer, je vous invite à repenser à cette fameuse règle d’or : comment l’entendez-vous ? Votre compréhension de la notion de respect a-t-elle changé ? L’envisagez-vous en 3D ? Finalement, il s’agit maintenant de vous demander ce que vous allez bien faire plutôt que ne pas faire.

 

[1] Voir article de RELEVANT magazine :

http://www.relevantmagazine.com/life/relationship/blog/1646-r-e-s-p-e-c-t (consulté en novembre 2016)

[2] Voir aussi Luc 6.31.

[3] Voir notamment 1 Chroniques 29.19 et 1 Corinthiens 7.19.

[4] Voir Jean 12.36 et 1 Thessaloniciens 5.5.

[5] Traduction de Mere Christianity, New York, HarperCollins, 1952, p. 87.

Pour une communication saine

 Internet a profondément transformé les relations humaines au 21ème siècle. On parle parfois de « relations numériques ». Nous sommes tous plus ou moins en accord sur le fait que l’Homme est un être à caractère relationnel, c'est sans doute la raison pour laquelle la communication occupe une bonne part nos vies. 

 On communique oui, mais comment ?

Nous sommes en permanence en communication avec les autres, que ce soit avec la famille, les amis, les collègues, les membres de l’église. La communication est ici un moyen qui nous permet d’entretenir les relations que nous avons dans nos différentes sphères de vie. Par elle, on peut s’intéresser aux autres si l’on souhaite qu’on s’intéresse à nous. On parle alors d’un principe d’échange, de réciprocité. Elle peut avoir différentes formes. Les scientifiques distinguent deux catégories : la communication analogique, celle des mots et la communication digitale parfois dite « numérique » à cause de l’impact de la numérisation dans les supports de communication. Néanmoins, ils sont relativement en accord et reconnaissent que cette dernière ne permet pas à elle seule de solidifier les relations.

Les avancées technologiques sont en constante amélioration et contribuent fortement à l’expansionde la diversité des techniques de communication. L’émergence des réseaux sociaux numériques (Facebook, Instagram, Tweeter) ou applications d’échanges (WhatsApp, Facebook Messenger, Skype) ont donnés naissance à des espaces plus intimes, plus libres et plus communautaires qu’avant. Une étude récente réalisée en 2016 a déterminé que sur environ 7,357 milliards de personnes dans le monde, 3,715 sont des internautes et 2,206 utilisent les réseaux sociaux chaque mois. Des chiffres qui montrent de façon claire l’impact de ces plates formes dans nos quotidiens. Une autre étude portant sur Tweeter, à démontrer que l’idée reçue sur la facilité à étendre nos relations à travers les réseaux sociaux est un mythe. Dans la pratique, on maintient des contacts réguliers avec pas plus de 200 relations.

Le téléphone portable a également révolutionné notre quotidien en nous permettant de communiquer sans fil. Tout comme les réseaux sociaux, il nous a permis de transmettre une éventuelle information plus rapidement.

Ont-ils réellement changés les relatons humaines ?

Une étude réalisée par l'association britannique « Cystic Fibrosis Trust » révèle qu’une personne sur 10 rencontre ses meilleurs amis sur les réseaux sociaux. Elle relève également que le nombre de contact qu’elle entretient sur internet correspond au double de ces amis physiques. Se sentant plus confiant, 23% des gens sont capables de demander une adresse mail ou un nom à travers les réseaux sociaux et seulement 5% sont capables de demander un numéro de téléphone pour communiquer oralement. Conséquences, les gens ont deux identités ; la personne réelle et la personne virtuelle et nous avons donc ici un danger. Cependant, cette même étude affirme que ces réseaux favorisent les relations humaines et sont de bons moyens thérapeutiques pour les personnes confrontées à l'isolement.

Pour d’autres, le téléphone portable appelé depuis smartphone a affecté les rapports sociaux car son but initial a été modifié. Cela a créé des dépendances en termes de communication qui est devenu superficielle, incomplète ou inutile. Il y a une perte de la notion de temps de qualités avec autrui.

Tout de même, la tendance générale est de dire que malgré l’expansion des médias de communication, ces derniers ne parviendront pas à changer les bases fondamentales du code des relations humaines. Le véritable changement est dans les "données d’informations", dans la facilité à apporter des sujets de conversations. Une étude, menée par Barry Wellman, démontre qu’être connecté à Internet ne nous éloigne pas des personnes avec lesquelles on interagit face-à-face. Ceux qui ont d’avantages de liens sociaux sont aussi ceux qui communiquent le plus de façon numérique. Les relations «numériques» ne remplacent donc pas celles de face mais viennent s’y ajouter pour enrichir et développer la vie relationnelle. Divers études effectuées depuis les années 2000 ont confirmées ces résultats. 

Nous voyons donc différentes prises de positions concernant les relations et la communication à la lumière de la technologie. Nous avons là un domaine qui nous cache encore bien des mystères. 

Point à méditer

« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là. » Marc 12 :30-31

J'ai trouvé bienvenu de terminer ma réflexion par cette citation: "Nous avons ici la première leçon de Jésus dans ce domaine : Rien n’est plus important que les relations ! Du début à la fin, Dieu vous a créé pour cela. Il faut que vous soyez en contact avec Lui et les autres. Si vous vous coupez de Lui et des autres, vous passez à côté de la principale raison pour laquelle Dieu vous a mis sur terre. En fin de compte, rien n’est plus important, car rien ne durera plus que les relations." Tom HOLLADAY 

L'estime de soi

L’estime de soi a une importance primordiale dans notre quotidien et ne dépend que de nous. Elle influence nos choix, notre bien-être psychologique, notre comportement, notre relation aux autres et à Dieu. Une mauvaise image de soi peut déformer notre interprétation d’une parole dite à notre égard. L'estime agit donc comme un filtre au travers duquel nous percevons la réalité. Je vous écris à ce sujet, car j’ai pu constater dans ma vie qu’une meilleure estime de moi-même a procurée une amélioration de mon quotidien. Et c’est toujours un sujet qui m’interpelle beaucoup.

Je crois que bien souvent, je me prive de la grâce de Dieu simplement en me croyant incapable d’accueillir son action. Je cultive la pensée que je suis moins important que de grands hommes de Dieu connus à qui tout semble réussir. Je perds confiance en moi et au final je me convins que l’action de Dieu ne se manifestera pas. Le plus grand drame dans tout cela, c’est que ce système de pensée arrive à son terme avant même que j’ai le temps d’entamer ma prière à Dieu. Ainsi, je demande l’aide de Dieu en étant convaincu qu’il n’agira pas. Malheureusement, je sais que je ne suis pas le seul à passer du statut de vainqueur à celui de perdant simplement par un manque d’estime de soi. Il est donc capital de se pencher sur le sujet pour discerner ce qu’est une juste estime de soi!

Pour commencer, nous devons éliminer toutes ambiguïtés de définitions. En effet, ce qui nous intéresse n’est pas tant de savoir qui nous sommes ou comment avoir confiance en nous. Nous recherchons ce qu’est une estime de soi à la gloire de Dieu. Je définirai donc l’identité comme notre valeur intrinsèque. C’est une donnée fixe et invariable malgré nos actions. Notre identité définit qui nous sommes. La perception que nous avons de cette identité, elle, varie et c’est là tout l’enjeu ! L’estime de soi serait donc le regard que nous portons sur notre valeur ? Il m’arrive d’entendre qu’une personne a une haute estime d’elle-même pour dire qu’elle se voit plus grande qu’elle ne l’est en réalité. Dans ce cas nous considérons le mot « estime » dans le sens du prestige. Si l’estime de soi était un jugement de valeur, il pourrait-être bon ou mauvais, juste ou erroné, mais il ne peut pas être élevé. Je définirai donc l’estime de soi comme la valeur que nous attribuons à notre identité au travers du regard que nous portons sur celle-ci. C’est donc le résultat de notre auto-évaluation.


Mais avant de définir ce qu’est une juste manière de valoriser notre valeur, le dernier point que je désire clarifier concerne la confiance en soi. Elle est intimement liée à l’estime de soi, mais se manifeste dans l’action. En d’autres termes, c’est la capacité à se sentir capable.

Nous nous accorderons sur le fait que nous voir tel que nous sommes serait la manière la plus parfaite de nous estimer. Cependant, pour atteindre cette juste estime, il nous faut d’abord savoir qui nous sommes. Le lien entre l’identité et la juste estime de soi est donc extrêmement fort. Sur quoi devons-nous baser notre regard pour nous évaluer ? La psychologie nous informe que l’estime de soi se développe beaucoup durant l’enfance au travers des parents. Elle se baserait également sur le fait d’agir en cohérence avec ses valeurs, sur ce que les autres pensent de nous, sur les notes scolaires, les expériences de vies, etc. Tout cela est très juste, mais en introduction je commence par affirmer que l’estime de soi ne dépend que de nous. Cela semblerait logique, mais si nous tenons compte de ces critères nous remarquons qu’en réalité nous nous construisons beaucoup dans notre lien avec les autres. Est-il donc impossible de nous construire solidement ? Sommes-nous contraints à vivre en fonction des aléas de la vie, avec tantôt des hauts lors de grandes réussites, et tantôt des bas lorsque tout s’effondre avec des disputes ou des échecs professionnels ? Je ne le crois pas !


En tant que chrétiens nous ne pouvons pas nous positionner ainsi. Nous avons entre nos mains une arme extraordinaire : la vérité ! Dieu détient toujours la vérité et il nous la rend accessible. Il nous voit tel que nous sommes réellement et lorsqu’il nous dit qui nous sommes il n’y a aucune raison de douter que c’est là notre vraie valeur. Nous devons donc nous estimer tel qu’il nous estime et nous voir tel qu’il nous voit. Je vous accorde qu’il est bien plus facile de le dire que de le faire, mais ce n’est qu’ainsi que nous pourrons atteindre une juste estime de soi. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons nettoyer ce filtre qu’est l’estime de soi et voir à nouveau la réalité sans la déformation opérée par le mensonge.

Que faire donc de tout ce sur quoi nous nous sommes basés jusqu’à présent ? Devons-nous tout considérer comme mensonge et jeter à la poubelle toute notre expérience ? Non, ce que j’essaie d’expliquer, c’est que baser notre auto-évaluation sur ce que Dieu dit et pense de nous va nous permettre de nous attribuer une juste valeur de nous-même. C’est une méthode infaillible puisque Dieu lui-même est infaillible. Pourquoi aller chercher ailleurs ce qui est vraiment vrai ? N’est-ce pas la preuve d’un doute de la véracité de la parole de Dieu ? Il nous faut donc déconstruire notre estime de nous basée sur ce que le monde dit. Et globalement de tout autre facteur que celui de la vérité de Dieu. Dans un même temps, nous devons reconstruire cette estime sur la vérité. Cela ne signifie pas que tout le reste n’est que mensonge. Par exemple une parole valorisante resterait un encouragement, mais uniquement si elle s’inscrit dans le cadre de ce que Dieu pense de nous. Le filtre n’est plus définit par un mélange d’avis et d’expériences, positifs et négatifs, mais par la vérité de Dieu.

Dans la bible, l’histoire de Gédéon (Juges 6-9) illustre assez bien ce changement de paradigme. Israël est opprimé par Madian et lorsque les israélites crient à Dieu (6.6), celui-ci descend vers Gédéon et l’appel « vaillant héros » (6.12). Gédéon, lui, était loin de s’attribuer une si grande valeur. Il répond donc à Dieu en affirmant être le plus petit dans la plus pauvre des familles de la tribu de Manassé (6.15). Cette vérité de Dieu était difficile à accepter pour Gédéon, mais il se mit en route pas à pas dans ce que Dieu lui demandait de faire après l’avoir vu se manifester. Au final c’est au travers de lui que Dieu a délivré le peuple d’Israël de l’oppression madianite.


Il y a plusieurs choses à retirer de cette histoire. La première est que Dieu ne nous voit pas de la même manière que nous nous voyons et que si nous n’acceptons pas de croire en ce que Dieu dit de nous, nous ne pouvons pas entrer dans les œuvres qu’Il a préparées d’avance pour nous. Ce qu’il a fait dans un premier temps c’est de renverser l’autel de Baal de son père. Dans l’obéissance à Dieu, il s’est ainsi mis toute la ville à dos (6.30). Il a accepté de laisser tomber son entourage, sa famille, son travail et des croyances familiales, supposés être les éléments principaux qui construisent notre estime de soi, pour suivre la vérité de Dieu sur son identité. C’est un bel exemple pour montrer l’efficacité de déconstruire la mauvaise estime de soi et la reconstruire sur notre vraie valeur. Cela lui a permis de devenir le vaillant héros qu’il était.


Le deuxième élément que je souhaite souligné est le fait que s’il était resté focalisé sur lui-même, il n’aurait jamais pu accomplir cet exploit. Du fait que Gédéon n’était pas focalisé sur ce qu’il pouvait accomplir, mais sur ce qu’il pouvait faire pour servir Dieu, il a pu suivre les plans de Dieu pas à pas au jour le jour et vivre ce qu’il devait vivre dans le présent. Autrement, il aurait été trop focalisé sur le futur pour être disponible à l’action de Dieu dans sa vie présente. Avoir une juste estime de soi est synonyme d’être humble, car tous deux impliquent de savoir qui nous sommes. Hors, comme C. S. Lewis le dit : « L'humilité ne signifie pas avoir une moins bonne opinion de soi, mais moins penser à soi ». Lorsque nous avons une juste estime de nous-même nous savons qui nous sommes. Nous savons donc également que Jésus nous appel à être des serviteurs. En Matthieu 23 : 11 Jésus dit : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur ». Il faut penser moins à soi pour mieux être dans une posture de service et ainsi laisser Dieu agir. Et en laissant Dieu agir à travers nous, nous entrerons dans les œuvres qu’Il a préparées d’avance pour nous.

Une juste estime de soi est donc basée sur ce que Dieu dit de nous, nous assure de vivre dans l’humilité et de rentrer dans les projets que Dieu a pour nous dans le futur. J’ai insisté sur ce point, car nous pourrions penser qu’une juste estime de soi consiste à se savoir incapable de réaliser les projets de Dieu pour nous. Le problème est qu’en suivant cette pensée nous nous tenons dans une posture égocentrique où l’important n’est pas de savoir comment servir, mais comment accomplir des exploits. Si nous nous sentons incapable d’accomplir notre destinée, cela signifie par définition que nous n’avons pas confiance en nous-même. Hors, dans l’histoire de Gédéon, Dieu l’incite à grandir dans sa confiance en lui lorsqu’il le nomme « vaillant héros ». Dieu ne cherche pas à troubler sa confiance en lui en l’appelant à faire de grandes choses. Une juste estime de soi implique donc directement d’être focalisé sur le service. Et c’est pour notre bien !

Pour terminer, je vais définir plus précisément ce qu’est une juste estime de soi en explicitant ce que Dieu dit de nous. Et pour ce faire je vais prendre le meilleur exemple qui nous ait été donné : Jésus ! Lors du baptême de Jésus, les cieux se sont ouverts et une voix venant du ciel lui a dit : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis toute mon affection. » (Marc 1 : 11). Le Père lui a dit quel était sa valeur à cet instant. Et c’est sur cette base que Jésus a fondé son estime de lui-même. C’est cette même base que le diable attaque dans le désert. Satan répète en effet à plusieurs reprises « Si tu es le Fils de Dieu… » (Matthieu 4 : 1-11) pour émettre un doute sur la véracité de ce fait. Prenons donc ces paroles pour nous et remettons-nous en phase avec cette réalité-là chaque jour.

En conclusion, nous sommes pleinement acteur de l’estime que nous avons de nous-même et c’est notre rôle de nous repositionner au quotidien en tant qu’enfants de Dieu aimés par Lui. Nous avons besoin de refonder notre estime de soi sur cette base solide en déconstruisant ce qui n’est pas fondé sur notre nouvelle identité en Christ. Nous devons apprendre à vivre dans l’humilité du service, car c’est une implication directe d’avoir une juste estime de soi. Et ainsi nous pourrons vivre pleinement dans le service à Dieu, entrer dans les plans que Dieu a en réserve pour nous et retrouver une bonne vision de la réalité.

La Mort à soi-même

En 2016, doit-on encore mourir à nous-même ?

« Un certain vendredi matin, Anatole* alla comme à son habitude faire du mentorat avec le pasteur Jacob*. Il commença naturellement, à lui raconter les périples qu’il a vécu tout au long de sa semaine Factory ainsi que les divers challenges qu’il aurait pu rencontrer.

Anatole était loin de s’imaginer que ce vendredi qu’il avait plutôt bien commencé allait prendre une toute autre tournure...

-Anatole, où en es-tu avec la mort à toi-même ?  Lança Jacob.

Surprit, Anatole répondit :

-Euh ouais, je suis plutôt assez mort à moi-même en général...

-Tu en es sûr ?

-Ouais ben je dépense assez peu d’argent, J’offre des choses aux gens, et par-dessus tout, quand il reste un biscuit dans un plat, je le laisse pour les autres !

Au fur et à mesure de ses réponses, Anatole remarquait que celles-ci ne correspondaient pas à ce que le pasteur attendait.

Jacob commença donc à lui expliquer qu’est-ce que signifiait réellement la mort à soi-même. Il lui dit qu’il fallait être prêt à abandonner sa propre personne, laisser de côté son orgueil et faire place à l’humilité. D’être prêt à être humilié pour Jésus et qu’au travers de cette humiliation, en découlerait une force, avec laquelle plus rien ne pourrait l’atteindre.

Sur ses paroles, Anatole faisait moins le fière, il comprit que la mort à soi-même était quelque chose de sérieux et que c’était le moment pour passer à une étape supérieure... »

Tiré d’une histoire vraie

 

Voilà comment j’en suis arrivé à m’intéresser à ce thème. Oui, car j’en suis sûr, plusieurs se demandaient « mais pourquoi un thème si joyeux… » Pour moi également c’est une histoire relativement récente !

Je crois que la mort à soi-même est avant tout une transformation de cœur, et que l’humilité est un point clé pour progresser dans se reniement de soi. Malheureusement notre orgueil, qui pour moi regroupe la fierté, la lâcheté, l’égocentrisme, notre chair, est un puissant frein à l’action de Dieu dans nos vies. Je définirais donc l’humilité comme une ouverture de cœur et l’orgueil comme une fermeture de cœur. La mort à soi-même, en tant que transformation de cœur, nécessite donc de nous d’être humbles.

Dans Jacques 4.6 il est écrit : « Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » On remarque donc que les deux ne sont pas fait pour s’entendre. Il y a un sérieux combat entre l’un et l’autre. Dans le cœur de chaque être humain se trouve également ce combat entre ce qui est bon et ce qui est mauvais, une des conséquences de la chute. C’est une lutte entre notre chair et notre esprit,. Dans beaucoup de situation, nous avons ce choix à faire, regarder à Dieu et accomplir ce qui est juste ou regarder à nous et chercher notre propre intérêt, ce qui nous arrange le mieux et ce qui nous demandera le moins d’effort.

J’ai constaté que l’être humain, autant au travers de moi-même qu’au travers des autres, réagi avec beaucoup d’impulsivité lorsqu’il est hors de sa zone de confort. Avec du recul, ce sont souvent des réactions que l’on regrette. C’est à nouveau l’orgueil qui nous pousse à réagir ainsi. La situation la plus fréquente, c’est lorsque l’on touche à notre identité ou à celle de nos proches. La mort à soi, nous apprend à ne pas réagir sous l’impulsivité, mais d’être maître de soi, paradoxale en étant mort...

En prenant conscience des diverses réactions que notre chair nous pousse à avoir, j’ai saisi qu’en restant dans l’orgueil, je ne laissais aucune place au changement dans ma vie. Ma fierté me pousse à ne pas accepter mes défauts. Et à rester patauger dans mes soucis. J’entends parfois des gens dire : « ouuuaaaaiiis, mais je suis comme je suis, je ne peux rien y changer… » Et là on touche un point important, c’est que l’on ne sait souvent pas qui l’on est. L’identité en Christ… Je crois qu’il y a cette dualité dans la mort à soi-même, devenir qui Dieu dit que je suis et parallèlement renoncer à ma vielle nature. 

Petit rappel, l’humilité est une ouverture de cœur et l’orgueil est une fermeture de cœur.

L’orgueil est l’une des plus grandes forteresses entre Dieu et nous, et dans notre marche personnelle avec Lui. L’orgueil nous empêche d’accepter la grâce, parce qu’on se dit que l’on a péché une fois de trop, que cette fois-ci il ne nous pardonnera pas. L’orgueil nous empêche de passer du temps avec Dieu, parce qu’on pense qu’on a mieux à faire à ce moment-là, qu’on n’a pas forcément besoin de Lui pour ce choix précis, que cette épreuve-là, on devrait réussir à la gérer tout seul. C’est l’orgueil également qui nous empêche de faire la différence dans ce monde parce qu’on a peur des représailles. C’est l’orgueil et l’égocentrisme qui nous font pécher continuellement et qui nous enchaîne dans des dépendances. J’insiste sur des domaines où l’orgueil a de l’emprise pour que tu puisses saisir la portée que celui-ci peut avoir dans ta vie et pour que tu puisses éventuellement commencer une démarche de mort à toi au travers de ces points.

L’humilité ouvre les portes de nos cœurs pour que Dieu puisse agir. Sans ça Dieu ne peut pas faire son œuvre. Dieu ne va pas nous forcer, c’est notre choix et notre disposition de cœur qui lui donne le feu vert pour qu’il nous transforme.

Le fait de nous humilier nous rabaisse pour permettre à Dieu d’être à Sa juste place dans nos vies. Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue. (Jean 3.30)

Maintenant, il y a une question que tu peux te poser : « Est-ce que je ne sers réellement qu’un seul maître ? »

Jésus nous appel à en servir qu’un seul sinon l’un va prendre le dessus sur l’autre. Tout ce qui t’empêche d’aimer Dieu, qui s’interpose entre toi et ton obéissance à Jésus est une idolâtrie, et ton cœur n’est donc pas attaché à Jésus seul. Ton cœur appartient à un autre trésor. Jésus nous appel à être attaché à un seul trésor, c’est-à-dire Lui seul. La mort à soi-même nous demande de renoncer aux trésors terrestres pour acquérir des trésors célestes, qui sont éternels. Et en 2016 dans le contexte occidental, nous avons toute une panoplie de trésors alléchants, mais bel et bien éphémères. Humilions-nous et redirigeons nos regards vers Dieu seul afin qu’il puisse nous travailler et nous rendre comme Lui veut que nous soyons !

Pour terminer, Jean au chapitre 12 verset 24 nous donne une image pertinente : En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Le renoncement à soi-même, mène à une résurrection, suivie de beaucoup de fruits ! Je crois que la mort à soi-même, est une étape progressive dans les différents domaines de nos vies. Prenons l’exemple de l’expression en public ; lorsque tu t’engages dans un poste à responsabilité dans l’église, tu peux facilement être amené à prendre la parole devant plusieurs dizaines de personnes, soit lors d’une prédication, un enseignement ou pour gérer des équipes. Tu seras d’accord avec moi si je dis que ce n’est pas donné à tous d’être à l’aise.

Pendant mon année Factory, il m’a été demandé de faire plusieurs choses que je n’avais jamais faites auparavant. Prêcher a été celle qui m’a demandé le plus d’efforts, j’ai dû renoncer à ce que je pensais de moi et laisser Dieu faire de moi ce qu’il voulait. Je ne crois pas avoir fait un carton, mais je me suis senti capable en Dieu de relever ce défi.

Je te laisse sur ces quelques lignes de Dietrich Bonhoeffer tiré du livre « Vivre en disciple. Le Prix de la Grâce » qui lui, à mon humble avis, était proche d’une totale mort à lui-même.

« … Être prêt à tout laisser si on me le demande, c’est être prêt à se contenter de Jésus Christ, à vouloir le suivre lui seul. C’est en renonçant volontairement à riposter que se confirme et s’affirme le fait que celui qui suit, qui suit Jésus lui est lié inconditionnellement, que se confirment et s’affirment la liberté, le caractère libre de tout lien avec le « moi ». Et précisément dans l’exclusivité de ce lien, le mal peut être vaincu. »

Déconnecter pour Connecter

Aujourd’hui, personne ne peut se passer d’Internet, en moins de 30 ans, cet outil est devenu un indispensable dans tous les domaines. C’est magnifique de voir les possibilités nombreuses et innovantes qu’Internet offre. C’est franchement la folie et parfois on se demande même : « mais comment faisait-on avant »? Pourtant, il semble qu’il y ait également l’envers de la médaille. Et c’est particulièrement vrai parmi la jeunesse et avec les réseaux sociaux qui sont apparus ou qui se sont démocratisés il y a à peine plus de 10 ans avec Facebook.

En 2015 on comptait 387 millions de comptes réseau sociaux en Europe et on estime à plus de 2 heures le temps moyen passé, par jour, sur ces réseaux (1). Avec cela, il y a donc aussi des choses moins joyeuses qui se passent, on parle de la « dépression Facebook » et on a tous entendu parler de suicides tragiques de jeunes suite à des commentaires ou remarques sur des réseaux sociaux ou sites sociaux. Par ailleurs, si il y a 5 ans les experts hésitaient à de parler de problème d’addiction, il semble qu’aujourd’hui c'est de plus en plus le cas… 

Dans la même ligne, de grosses entreprises ont pris le relai pour rappeler qu’il y a une vie réelle qui vaut la peine d’être vécue. Chick-Fil-A, chaîne de fast-food aux USA, vient de mettre en place la possibilité pour les familles de déposer les téléphones portables afin de profiter du repas ensemble. Et s’ils le font, ils ont même un dessert gratuit! (2) De même IKEA Taiwan a mis en place un prototype de table avec plaque chauffante qui ne fonctionne que lorsque les gens déposent leur téléphone. Plus il y a de téléphones déposés, plus la plaque est chaude. (3) Ces deux exemples font sourire mais sous-tendent un même message: déposer son téléphone permet de mieux vivre ensemble!

Dans l’univers chrétien, Craig Groeschel a sorti son dernier livre #Struggles. Greg est le pasteur principale de l’église Lifechurch, à l’origine de l’application "Bible" de Youversion qui est sans doute l’application de la bible la plus téléchargée au monde. Il n’a donc rien contre la technologie ni contre les réseaux sociaux mais il se montre honnête et vulnérable et reconnait que son utilisation du téléphone/tablette peut devenir envahissante dans son quotidien. Il évoque les problèmes liés à cela comme la comparaison, l’égoïsme et le manque de temps de qualité passé avec ces proches notamment. Il parle alors de ses pauses de réseaux sociaux de 3 jours qu’il fait maintenant régulièrement pour s’assurer de garder une relation saine à ses outils et plateformes.

Le ministère Portes Ouvertes qui œuvre parmi les chrétiens persécutés dans le monde a lancé le jeûne BLACKOUT (4). Il Il s’agit de se déconnecter durant un temps pour mieux se connecter à Dieu. Là aussi, c’est un défi qui parle et qui nous met face à notre utilisation du mobile, face à notre besoin d’être connecté et nous fait vivre aussi brièvement ce que d’autres vivent que ce soit par manque de moyen ou par un non accès à Internet.

Dans le cadre de la Factory, et notamment du voyage missionnaire, les étudiants sont invités, et parfois contraints par le contexte, à se déconnecter un peu d’Internet, pour leur plus grand bien! Sensibilisé au sujet, je me lance aussi ce type de défis et je quitte parfois pour un petit temps les réseaux sociaux. Je me trouve alors souvent plus productif et, honnêtement, c’est simplement plus sain! Je lis plus, je ris plus et je partage plus avec les gens qui sont présents physiquement!

Dans une période où nous passons tous du temps sur nos téléphones portables et sur les réseaux sociaux, j’avais seulement envie de lancer une réflexion, peut-être même un défi: et si tu essayais de déconnecter pour 1 ou 2 jours, histoire de mieux te connecter? En fait, tu sais combien d’heures par jour tu passes sur ton téléphone? Tu t’es déjà demandé ce que tu ferais si tu n’étais pas connecté à Messenger mais plus à ce qui t’entoure et surtout à ceux qui t’entourent? Et finalement, est-ce que le fait de sortir un peu la tête de l’écran et des réseaux pourrait te permettre de mieux connecter avec ton Créateur… C’est juste une idée! Tu peux la tweeter ;)

 

1 - http://wearesocial.com/uk/special-reports/digital-social-mobile-worldwide-2015

2 - http://www.inquisitr.com/2851352/chick-fil-a-family-challenge-ditch-your-cell-phones-for-free-dessert/

3 - http://www.thedailymeal.com/news/eat/ikea-hot-plate-only-works-if-you-turn-your-phone/012916

4 - http://www.portesouvertes.ch/fr/underground/BlackoutFr/