L'aventure Factory

Un 28 juin 1993, mes parents m’ont vu voir le jour, après neuf mois d’attente obligatoires. Ils m’ont attribué le nom d’Eli, car tout ce mois de juin, il n’était pas tombé une seule goutte de pluie. Je suis né dans une famille chrétienne et pratiquante. J’ai toujours entendu parler de Jésus, de ce qu’il avait fait et n’ai jamais, dans toute ma vie, cessé de croire en son nom. J’ai grandi avec les deux pieds dans l’Eglise, puis dès mes 16 ans avec plus qu’un seul. A mes 18 ans, il n’y restait qu’un orteil.

Pardon, remettons nous dans un contexte compréhensible. Nous sommes dans un groupe de jeunes à Genève. Le thème de la soirée est « choisir son avenir ». Par son témoignage puissant, Eli a été invité à venir inspirer ces jeunes. Continuons :

Je m’étais éloigné de l’Eglise, de la foi, de Dieu, de mon identité. Je menais une vie à laquelle il ne m’appelait pas. Durant cette période, à cause de l’inexistence de ma motivation au travail et de mon indifférence aux avertissements de mon établissement scolaire, j’ai été viré. Je me suis donc retrouvé sans aucun projet d’avenir, et aucune volonté d’y changer quoi que ce soit. Je passais mes journées à pécher de toutes les façons possibles et imaginables. Je sentais toujours un manque en moi et pensais que je pouvais le remplir avec toutes les futilités que ce monde propose. Mais j’avais tort, il y avait bel et bien un vide en moi, un trou, mais celui-ci avait la forme de Jésus, ce n’était que par lui que je pouvais être entier. Suite à cette prise de conscience, je suis revenu sur les bancs de l’Eglise. Dieu a touché mon cœur d’une façon inexplicable et j’ai recommencé à aller au groupe de jeunes, à différents évènements, plusieurs conférences et cinq camps. Ma soif de Dieu ne faisait qu’augmenter de jour en jour et je continuais à prier pour qu’elle puisse demeurer insatiable. Je voulais en savoir plus sur lui, j’avais besoin d’en savoir plus sur Lui. A cette époque, le leader de mon groupe de jeune avait annoncé que sa famille avait décidé de partir en mission au Burkina Faso et qu’il n’avait pas d’autre option que de les suivre, laissant le groupe de jeune pour mort contre son gré et dans l’espérance que bientôt quelqu’un se lève pour reprendre le flambeau.

Cette triste nouvelle ne quittait jamais mon esprit et j’essayais tant bien que mal d’y trouver une solution. Je cherchais une personne qui serait capable de porter notre groupe, de nous faire grandir, de nous challenger, de nous guider. Mais chaque personne à laquelle je parlais ne semblait pas en avoir envie, même si elles ne le disaient pas de cette façon. J’avais le désir que ça change, je portais ce fardeau dans mon cœur et désespérais de voir du changement. Puis, je me suis souvenu d’une phrase que j’avais entendue pendant une prédication quelques mois auparavant : s’il y a quelque chose qui vous dérange, quelque chose que vous voulez changer dans votre Eglise, alors c’est votre devoir de le faire. J’ai ensuite commencé à me dire « Et si je prenais le lead du groupe de jeune ? Pourquoi pas moi finalement ? »…mais je n’étais aucunement qualifié, et qui suivraient une personne qui ne sait pas où il faut amener les gens ? Quelqu’un qui ne sait pas comment s’y prendre ? Malgré toutes ces interrogations, je sentais dans mon cœur qu’il fallait que je le fasse.

La décision était prise : j’allais me former pour prendre la place de leader dans mon groupe de jeune. Oui mais pas seulement, je souhaitais également en apprendre plus sur Dieu et sur moi, mon caractère, qui j’étais en Lui. Je voulais avoir des outils pratiques pour pouvoir être un bon leader et j’avais le désir de connaitre mieux Jésus et Sa parole. Mais je devais faire un choix entre ces trois éléments pour trouver une école soit axée sur le caractère, comme une école de disciple, soit une axée sur les compétences ou encore un autre sur les connaissances. Le seul problème, c’est que j’avais besoin de ces trois éléments.

Quelques semaines après m’être fait cette réflexion, je buvais un café au Starbucks avec un ami que j’avais rencontré à un camp. Je lui racontais où j’en étais dans ma vie et dans ma foi. Et alors que je venais de finir de lui parler de ce qu’il se passait dans mon groupe de jeune et de mon désir d’y faire quelque chose, je voyais son visage s’illuminer. Avant que je n’aie eu le temps de lui demander pourquoi il me regardait de cette façon il avait pris la parole. Incroyable, il connaissait une école qui réunissait les trois éléments dont j’avais besoin : les compétences, le caractère et les connaissances. Trois en un, comme la trinité.

Cela fait maintenant un an que j’ai fait la Factory. J’ai repris les études grâce à la discipline acquise suite à cette école, j’ai maintenant l’assurance de qui je suis en Christ et le connais de plus en plus grâce à cette école mais ai également compris que je ne le connaitrais jamais entièrement car il est le tout autre, il est insaisissable. Je suis actuellement leader de mon groupe de jeune. Grâce à cette école.

PS: Eli est un personnage fictif, tout comme ce récit. Il n'y a pas d'Eli à la Factory et il n'y en a jamais eu. Mais chacun peut se retrouver, en tout cas en partie, dans la vie d'Eli.