Le Respect en 3D

Qu’entend-t-on par respect ? Le mot a beau être connu de tous, ce qu’il implique et signifie est souvent plus obscur. Avant d’étudier le sujet plus en profondeur, la première chose que le mot « respect » m’évoquait était la règle d’or : « Ne faites pas à autrui ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse ». Est-ce cela le respect ? La question du respect se limite-t-elle donc seulement aux rapports entre individus ? Ou bien comprend-t-elle d’autres domaines, d’autres « dimensions » ?

Souvent, la règle d’or est énoncée sous sa forme négative (c’est notamment le cas dans la mythologie hindoue, le Talmud, le zoroastrisme ou encore la religion hindoue[1]). En revanche, dans la Bible, il est écrit : « Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux » (Matthieu 7.12[2]). La différence est fine mais significative : la Bible nous parle de ce que l’on peut faire et non pas de ce que l’on ne devrait pas faire.

Lorsqu’on ouvre une concordance biblique au mot « respect », les versets référenciés parlent bien plus souvent de Dieu que des relations humaines. Ce qui prime, c’est le respect que l’on témoigne à Dieu. Les questions du respect entre les hommes ou du respect de soi viennent ensuite. La Bible révèle que respecter Dieu, c’est l’écouter et suivre ses commandements[3] : « Celui que je regarde avec bonté, c’est […] celui qui écoute ma parole avec grand respect » (Esaïe 66.2). Ce n’est pas tant la manière dont on s’adresse à Dieu qui est importante, mais plutôt la relation que l’on a avec lui qui compte. Le plus important, c’est de conférer à Die le respect qu’on lui doit en l’écoutant, en prêtant attention à ses paroles et en lui accordant la place d’honneur dans sa vie. Qu’on le considère comme son Roi, son Père ou son meilleur ami n’est finalement pas ici déterminant.

La notion de respect est souvent étroitement liée à la question de l’amour. A celui qui « a tant aimé le monde [et] donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jean 3.16), nous devons assurément le respect, mais cela va bien plus loin : c’est de l’amour que nous ressentons pour celui qui est mort pour nous sauver.

Lorsqu’on désobéit à Dieu (ce qui implique de lui manquer de respect), on doit être prêt à en affronter les conséquences. Dans Deutéronome 28.50, on découvre le visage de ceux qui provoqueront le malheur du peuple d’Israël qui s’est montré infidèle et irrespectueux envers son Dieu : « Ce seront des hommes au visage dur, qui n’auront ni respect pour le vieillard, ni pitié pour l’enfant ». Désobéir à Dieu fait beaucoup de mal : ce n’est pas seulement la relation que l’on a avec lui qui en souffre, mais on expose ses proches et soi-même au risque d’être blessé et meurtri. On devient, d’une certaine manière, une malédiction pour soi et pour les autres. A l’inverse, quand on fait preuve de respect envers Dieu, on reçoit sa bénédiction.

A la lecture des dix commandements (Exode 20.3-17), il apparaît que les trois premiers commandements concernent le respect que l’on doit à Dieu. Les deux suivants parlent du respect que l’on doit à soi-même et à sa famille. Enfin, les cinq derniers mettent en évidence l’importance du respect les uns pour les autres. Les dix commandements s’articulent autour de ces trois dimensions (3D) que comprend la notion de respect : le respect envers Dieu, le respect envers soi-même et le respect d’autrui.

Nous avons abordé la question du respect que nous devons à Dieu et allons à présent nous concentrer sur les deux autres dimensions du respect que nous venons de mentionner. Dans son épître aux Romains, Paul rappelle que « les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, [tu ne porteras pas de faux témoignage,] tu ne convoiteras pas, ainsi que tous les autres, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (13.9). Répétons-le pour que ces mots s’ancrent bien en nous : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le verbe aimer se substitue au verbe respecter, ce qui confirme l’étroite corrélation entre ces deux mots que nous avons relevée plus haut. Ce commandement nous dit outre deux choses : 1) on doit s’aimer/se respecter 2) on doit aimer/respecter autrui. L’un ne va pas sans l’autre.

Sachant quel prix Dieu a payé pour que je puisse être sauvée et réconciliée avec lui, comment pourrais-je mépriser cette vie qu’il m’a donnée ? En respectant et en honorant le sacrifice de Jésus-Christ, je peux apprendre à me respecter et à m’aimer. Ne pas le faire reviendrait même à désobéir à Dieu puisque c’est un commandement qu’il donne : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Tâchons à présent de montrer en quoi se respecter permet de respecter autrui. « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5.14), a déclaré Jésus. C’est une vérité biblique, mais il arrive que, pour différentes raisons, l’on étouffe cette lumière. Pourtant, comme Jésus nous le rappelle, « personne n’allume une lampe pour la mettre dans un endroit caché ou sous un seau, mais on la met sur son support, afin que ceux qui entrent voient la lumière » (Luc 11.33). Si cette lumière est cachée, nous-mêmes et tous ceux qui nous entourent se trouvent dans les ténèbres : nous sommes alors aveuglés. En revanche, si nous restons « éclairés » et demeurons conscients de notre valeur en tant qu’enfants de la lumière[4], nous serons capables de mieux voir l’autre et donc de le respecter.

Comme nous avons pu l’observer, lorsqu’on parle de respect de soi et d’autrui, on revient toujours vers Dieu. C. S. Lewis l’explique bien dans Les Fondements du christianisme :

 

J’ai beau répéter « Fais aux autres tout ce que tu aimerais qu’il te soit fait » jusqu’à en être exaspéré, je ne peux incarner cette devise tant que je ne suis pas capable d’aimer mon prochain comme moi-même ; et je ne peux pas apprendre à aimer mon prochain comme moi-même tant que je n’apprends pas à aimer Dieu ; et je ne peux aimer Dieu sans apprendre à lui obéir. Ainsi, […] ce qui était d’abord une question sociale s’avère plutôt une question religieuse.[5]

 

Dans toute relation, la question du respect est importante. Néanmoins, elle est souvent détachée de Dieu. Aujourd’hui, je vous encourage à changer de perspective et à réaliser qu’elle n’a véritablement de sens que si on y répond avec Dieu. Le respect existe en 3D : si nous ne l’envisageons pas en trois dimensions, notre réalité sera comme floue, incomplète et sans reliefs.

Pour terminer, je vous invite à repenser à cette fameuse règle d’or : comment l’entendez-vous ? Votre compréhension de la notion de respect a-t-elle changé ? L’envisagez-vous en 3D ? Finalement, il s’agit maintenant de vous demander ce que vous allez bien faire plutôt que ne pas faire.

 

[1] Voir article de RELEVANT magazine :

http://www.relevantmagazine.com/life/relationship/blog/1646-r-e-s-p-e-c-t (consulté en novembre 2016)

[2] Voir aussi Luc 6.31.

[3] Voir notamment 1 Chroniques 29.19 et 1 Corinthiens 7.19.

[4] Voir Jean 12.36 et 1 Thessaloniciens 5.5.

[5] Traduction de Mere Christianity, New York, HarperCollins, 1952, p. 87.